6294 Les Productions De La Semaine

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Les Productions De La Semaine
Blog participatif pour le reste de la semaine
Thèmes | 01.04.2013 - 15 h 08 | 5 COMMENTAIRES
Thèmes du 1er au 6 avril

Bonjour bonjour !

 

Par cette belle journée ensoleillée, revoilà les productions !

Et pour bien recommencer, je vous propose le thème suivant :

« Un papa, une maman, on ne ment pas aux enfants« 

 

Non bon ok, c’est pas vrai !

Ce que je vous propose, c’est d’écrire une lettre de motivation à l’offre d’emploi suivante :

« Recherche compteur de grains de riz pour usine d’empaquetage. Pas sérieux s’abstenir. Sérieuses références demandées. Adressez votre candidature sous la référence 01046-913 »

 

Travaillez bien, et envoyez vos textes à GoldenM ou moi-même !

Caro | Fièvre | 22.02.2013 - 00 h 07 | 3 COMMENTAIRES
Caro : « Le métro » (nouvelle érotique)

Axelle était déjà en retard à son rendez-vous de dix-huit heures, elle regarda sa montre, se leva précipitamment du canapé, attrapa son écharpe, son manteau posé en vrac sur la chaise, mit les quelques autres affaires qui traînaient sur la table basse, prit de volée ses clefs et sortit de son appartement. La tête enfouie dans la douce laine de son écharpe, elle l’enfonça encore plus quand une rafale de vent fit virevolter ses longs cheveux dans le vent glacial. Elle détestait ce temps et l’idée même de prendre le métro à une heure aussi chargée la mit d’une humeur massacrante. L’heure où tous les salariés sortent du bureau, l’air maussade, le regard dans le vide, la mine décomposée, à croire qu’ils portent tous la misère du monde sur leur dos… une impression qu’elle ressentit en descendant dans la bouche du métro, assiégée par les courants d’air.

Elle arriva sur le quai de la station, perdit son regard parmi les voyageurs, s’arrêta sur celui d’une jeune femme, brune, pas plus grande qu’elle et à vrai dire la seule qui avait le sourire aux lèvres. Leurs regards se croisèrent quelques secondes, Axelle lui rendit son sourire tout en marchant vers elle. Leurs yeux ne se quittaient plus, elles étaient pourtant à une dizaine de mètres l’une de l’autre mais l’attraction fut tellement forte qu’aucune des deux ne voulut baisser les yeux. Axelle fut la première à tirer le loquet de la rame pour s’engouffrer au fond, elle espérait de tout cœur que la jeune femme ne monte pas trop loin d’elle, histoire de continuer leur petit jeu de séduction visuelle.
Miracle ou coïncidence, la jeune femme s’engagea dans la porte voisine et tenta d’avancer parmi l’attroupement qui s’était établi autour du poteau central. Elle enjamba un sac et n’était plus qu’à quelques dizaines de centimètres d’Axelle. La chaleur lui monta aux joues et elle rougit discrètement, imaginant la main de celle qu’elle lorgnait avec convoitise s’appuyer sur sa hanche. Simple illusion. Elle posa son dos sur la vitre du métro, ferma les yeux et se laissa aller à l’imaginer beaucoup plus proche d’elle, son corps, sa bouche, ses yeux dans les siens…

En rouvrant les yeux, Axelle s’aperçut qu’elle avait déjà dépassé la troisième station et se fit bousculer par un gros monsieur aux cheveux gras qui posa sa sacoche sur ses pieds. En une fraction de secondes, un mouvement de foule poussa Axelle contre la jeune femme brune. Elle atterrit face à elle, l’air gênée et le rouge aux joues. Elle s’excusa platement, bégayant la moitié des mots. Un second mouvement de foule la projeta contre le corps voluptueux de la jeune femme. Axelle plaqua sa main juste à côté de son visage et plongea ses yeux dans les siens. Leurs bouches n’étaient qu’à quelques centimètres maintenant. Axelle sentait son ventre se contracter quand ses yeux se posèrent sur la bouche de sa désirée. Elles étaient tellement compressées dans ce wagon qu’elles ne put que l’embrasser, désireuse de goûter à ses lèvres qui provoquaient tant d’effervescence dans son bas ventre.

Collées l’une à l’autre, la jeune femme s’aventura (persuadée que personne ne pouvait deviner les gestes auxquelles elles allaient s’adonner) à passer sa main sous le pull d’Axelle qui frissonnait déjà du contact de sa paume sur ses hanches. Axelle mit sa sacoche en bandoulière afin d’être entièrement libre de ses deux mains. La belle brune était habillée d’un jean, un pull ample et d’un manteau ouvert sur une poitrine saillante, aux tétons déjà pointés vers elle. Elle regarda autour d’elle, soucieuse des regards voyeurs – un comble, quand on y pense – et passa sa main sous le pull de la brune pour arriver à ses seins tendus et chauds. Sa paume pressa le bout de ses seins pour mieux les empoigner. Elle attrapa son téton entre son index et son pouce et le titilla. La jeune femme se mordit la lèvre inférieure et, dans un petit gémissement, elle vint prendre la taille de son amante et la colla contre son corps en pleine ébullition. Axelle enleva sa main de son sein et descendit le long de son ventre pour aller buter contre l’élastique de son pantalon. Sans peur, elle dépassa cet obstacle, déboutonna le premier et unique bouton, fit glisser sa main sur sa culotte humide. La fièvre s’était emparée de la belle brune, elle mit sa main devant sa bouche, étouffant un petit cri. Axelle ne se démonta pas pour autant et se dévoua à son envie de faire jouir, dans ce wagon bondé, ce corps en demande de plaisir. Le bout de tissu trempé sur ses doigts ne stoppa pas sa course folle. Elle glissa deux doigts dans sa culotte, atterrit sur son clitoris et commença une sorte de va et vient lancinant qui mit son amante dans un état second. Elle entreprit d’entrer en elle dans l’urgence de la situation et, à la sensation de ses doigts si mouillés, elle n’hésita pas à la pénétrer. La profondeur de son mouvement fit légèrement flancher son amante, bouche entrouverte, le souffle haletant, au bord de la suffocation tant le plaisir la submergeait. Elle ne put s’empêcher de lécher le cou d’Axelle, lui mordiller la clavicule, ce qui accentuait l’envie de la faire venir tout de suite contre ses doigts. Elle s’activa plus vite et profondément sur le clito et sentit d’un seul coup tout le corps de la jeune femme se contracter, secoué de spasmes et de gros gémissements étouffés sur l’épaule d’Axelle.

La rame s’arrêta dans un soubresaut, éjectant la jeune femme suffisamment loin de l’autre pour laisser paraître le pantalon entrouvert aux yeux des autres voyageurs, heureusement personne n’y prêta attention. La brune se rhabilla prestement, embrassa Axelle sur la bouche, d’un baiser langoureux et intense, bouscula les gens devant elle, pressa le loquet de la rame et disparut sur le quai.

Axelle ne fut pas offusquée de la fuite soudaine et inattendue de son amante et garda tout le long de son voyage le même sourire aux lèvres, satisfaite et hallucinée de l’expérience qu’elle venait de vivre.

Fièvre | MistressMind | 21.02.2013 - 20 h 03 | 0 COMMENTAIRES
MistressMind : « La fièvre tueuse »

Fièvre, tu m’emportes dans un torrent infini
Comment pourrais-tu comprendre ce que cela signifie
Je te sens chaque jour que tu passes près de moi
La fièvre de l’amour, je ne la connais pas
Et pourtant chaque jour que tu passes près de moi
Je ressens cette douleur tout le long de mes bras
Cette envie de t’avoir enfin contre mon cœur
Pouvoir enfin comprendre ce que veut dire « bonheur »
Car oui, je n’ai jamais connu cette chose dont on parle
Cette chose si profonde, quand mon teint devient pâle
Car je t’aime tellement, et tu ne le sais pas
La fièvre de l’amour, tu ne la connaitras
Seulement peut-être un jour, un jour de déception
Où des murs de béton cacheront l’horizon
Où la lune éclairera ton illustre beauté
Et que mes yeux pleureront en te voyant serrer
Cette personne que tu aimes, qui ne sera pas moi
La fièvre de l’amour, c’est sûr, elle me tuera
Mais je vais m’en remettre, car je ne suis qu’une ombre
Qui passe à tes côtés, qui ne saura répondre
Si un jour tu me vois, je ne saurai quoi dire
En voyant ton visage, tes yeux, ton sourire
Comment réagirais-je, quand tu apparaîtras
Et que, un jour peut-être, tu me parleras
Non je ne veux pas mourir, à cause de cette fièvre
Cette fièvre si forte, qui m’empêche d’être fière
Je ne vivrai que peu, mais je pourrai être sûre
Que tu ne blesseras pas, un petit cœur tout dur
La fièvre m’envahit, ça y’est je sens la fin
Ce n’est peut-être qu’un rêve, on verra ça demain.

Fièvre | Pucedepoésir | 21.02.2013 - 18 h 27 | 1 COMMENTAIRES
Pucedepoésir : « Où vont mourir les fièvres ? »

blankTu ne t’es pas levée ce matin. Ton café a refroidi dans sa tasse pendant que je buvais le mien, seule. Tu ne m’as même pas répondu quand je t’ai appelée. Je n’ai pas insisté. Pendant le silence du petit déjeuner, je me suis perdue un instant dans les volutes de fumée qui s’entrelaçaient langoureusement au-dessus de nos tasses. Mes rêveries ont abouti a un triste constat : seules nos fumées s’étreignent encore. Nous partons en fumée. Où vont mourir nos fièvres quand elles quittent nos cœurs froids, nos corps épuisés ? Pourquoi s’essouffle-t-on à vouloir les attiser ?
blankJ’ai eu envie d’une cigarette, que je n’ai pas prise. Une frustration de plus.
Tu as attendu que je sois habillée pour te lever, sans un regard, sans un mot. Tu t’es engouffrée dans la salle de bain et, sans que je puisse me l’expliquer, je me suis mise à pleurer en entendant chacun de tes petits bruits familiers du matin : tes fredonnements incontrôlés sous la douche, les deux petits coups de brosse à dents contre le lavabo pour en faire tomber l’eau, le spray du déodorant…
blankAvant que tu n’émerges de la salle de bain, je me suis essuyé les yeux, j’ai reniflé et respiré un grand coup pour tout effacer. Puis tu es sortie et tu m’as croisée. Tu m’as regardée, enfin.
blankLà, dans tes yeux, j’ai lu la cassure et l’incompréhension qui ont fait couler les miens. J’ai vu ce que nous refusons de voir depuis trop longtemps déjà. J’ai su que les choix n’avaient plus lieu d’être.
blankTu as esquissé un geste, suspendu un mot à tes lèvres et…
blankJ’ai sorti les poubelles.

Règles du jeu | Thèmes | 20.02.2013 - 21 h 02 | 1 COMMENTAIRES
Thème du 20 février au 27 février

 

Le thème de cette semaine, vous l’aurez peut-être compris, sera Fièvre.
Étant moi-même sous l’emprise de cette affliction, je ne m’étendrai pas plus sur le sujet, débrouillez-vous.

Des bisous quand même (niark niark niark).

Pour plus d’infos, allez voir par ici.

Damia | Hier matin | 14.02.2013 - 21 h 42 | 5 COMMENTAIRES
Damia : « Adieu Aerilon »

Hier matin a commencé l’attaque. Je m’en souviens de façon encore très nette. Trop nette.
J’étais revenue d’une longue soirée étudiante à l’université d’Aerilon, à Promethea. Revenir de cette ville aussi importante, afin de regagner pour le Week-End la maison familiale, est souvent un véritable combat en lui-même, surtout en fin de nuit, quand l’hover-train pour Auxesia ne roule plus. Fort heureusement, Debby, ma petite amie, qui suis sa formation de pilote civil en transport spatial, a réussi à trouver un vaisseau de transport subplanétaire, qui ne possède pas de propulsion FTL, mais largement suffisant pour couvrir les quelques 450 km qui me séparent de mon village natal, situé en pleine zone agricole.
Le Soleil se levait sur les immenses champs de blé et d’orges, quand un flash surpuissant a failli littéralement nous aveugler. Elle provenait d’Auxesia. Debby s’est mise à déclamer d’une voix inquiète :
«J’ai perdu contact avec le spatioport d’Auxesia !
– Comment ??
– Bah pouf, il n’y a plus rien. Au moment même de cette explo-»
Elle n’avait pas le temps de finir sa phrase qu’un second éclair de lumière étincellait plus loin. Suivi d’un autre, derrière nous.
«Hu oh… Contact Dradis. Un… Une bombe thermonucléaire arrive juste au dessus de nous. Nous devons sortir de là, et au plus vite !
– Et merde !
– Il faut sortir de l’atmosphère, c’est la seule solution pour éviter le souffle de l’explosion.» a dit, sans une légère inquiétude dans sa voix, Debby.
Elle poussa le levier du réacteur principal à fond, et inclina le vaisseau vers le haut. L’accélération fut brutale. Je pu voir la bombe tomber, suivie d’une traînée de fumée. Elle arrivait vite ! Nous grimpions, prenions de la hauteur. Vite, encore plus vite. Le bleu du ciel se fondait en noir. Nous avions à peine quitté les couches les plus denses de l’atmosphère. Je me ruais sur l’arrière du vaisseau. La surface d’Aerilon se présentait face à moi. Je cherchait du regard mon village natal. Il n’y avait plus qu’un gros nuage verdâtre en dissipation. C’est à ce moment là que la bombe que l’on avait cherché à éviter, explosa. Je détournais le regard, mais même de cette façon, l’intérieur du vaisseau fut illuminé comme jamais.
«Sois prête pour l’impact ! hurla Debby
– Impact ?»
Je me hâtais de regagner mon siège et de m’attacher solidement. J’aurais du le pré-sentir : l’onde de choc arriva. Elle secoua brutalement notre vaisseau et nous envoyait valser. Et mit hors-service l’électronique de bord. Nous fûmes donc à la dérive, sur une trajectoire d’éjection de la planète. Notre planète. Aerilon. Le  »silot à grain » des Douze Colonies. Elle passait régulièrement au travers de la fenêtre avant du cockpit. A chaque fois perforée par des impacts. Des bombes nucléaires. Mais d’où venaient-elles ? C’est à ce moment là que nous les avons vus. Debby me dit qu’elle n’avait jamais vu de tels engins. Au loin, un énorme vaisseau en forme d’étoile. Enfin plutôt comme deux immenses hélices l’une sur l’autre. Et devant, des milliers de petits vaisseaux, en forme de lune. Me reviennaient alors en tête mes cours d’Histoire. Les images de ces documentaires, que j’avais trouvé trop nombreux. Oui, il n’y avait pas de doute, ce sont eux. Les Cylons. On les avait crus loin, très loin d’ici. Qu’ils n’étaient plus une menace depuis 60 ans. Et pourtant…
Notre crainte était de ne pas être repérées. Debby échafauda un plan. On ne peux plus simple en fait. Nous ne devions pas rallumer le vaisseau. En effet, cela aurait mis en route le transpondeur et nous rendrait visible sur le Dradis des Cylons. Nous allions devoir prier les Dieux afin qu’un vaisseau plus important, et ami, soit sur notre trajectoire. Par chance, nous nous dirigions vers l’un des axe de transport principal entre Aerilon et Caprica. Avec un peu de chance, nous pourrions trouver de l’aide par là-bas

Les heures s’écoulaient.
«Bon, je relance le système, en mode minimal. Il me faut le Dradis. D’autant qu’il semble que visuellement, il n’y ait plus de présence hostile.»
L’écran s’allumait. Vide, aucun vaisseau de visible. Ni ennemi, ni ami. C’est à ce moment là qu’un bip résonna dans l’habitacle.
«Contact Dradis !» hurle-je.
Ma petite-amie me regarde d’un air grave. Je lui ai dit :
«Quoi ? J’ai toujours rêvé de dire ça !!»
Eclats de rires. Mais rapidement, nous retrouvions notre sérieux. Debby identifia le vaisseau : amical. C’était le Botanical Cruiser. Enfin une bonne nouvelle. Debby ralluma le système au complet et entama la route vers le croiseur. Rapidement il fut en vue. Un gros vaisseau, tout en longueur, avec d’immenses serres qui abritent des jardins botanique et d’agriculture, qui courent tout le long de son corps.
Après identification, nous fumes autorisées à poser notre vaisseau dans l’une des baies d’atterrissage située à l’arrière.
C’est le capitaine du vaisseau qui nous accueille en personne.
«Bienvenue à bord du Botanical Cruiser. Nous pensions être les seuls à avoir survécus à l’attaque sur Aerilon. Mais je pense que peu de monde a du réchapper de ce véritable massacre…»
Un officier arrive. Il a l’air bouleversé.
«Capitaine. C’est une horreur. Les Cylons. Leur attaque a pris de surprise l’ensemble des Douze Colonies ! Les pertes se chiffrent par milliards. Que pouvons-nous faire ?
– Prier, mon ami. Prier. Ainsi tous nous le disons.
– Ainsi tous nous le disons.»

On nous a assigné des quartiers d’officiers non-occupés. Nous pouvons y mettre la radio des communications globales. Il n’y avait rien, absolument rien. Jusqu’à ce que…
«Ici le Capitaine. Nous allons effectuer un saut FTL en direction du Colonial One, où se trouve la présidente des Colonies Laura Roslin. Nous devons partir immédiatement, avant que les Cylons nous trouvent. Je suis conscient que tout ceci est rapide, brutal même, mais nous n’avons pas de choix. Aerilon est tombée, il n’y a plus d’espoirs sur cette planète.» termina-t-il, un peu brutalement.
Nous étions sous le choc. Nous allions quitter la planète qui nous a vu naître, grandir, évoluer. Je n’ai rien connu d’autre que Aerilon. Ses larges plaines doucement vallonées. Ses couchers d’Helios sur les champs qui s’étiraient à perte de vue. Les terribles orages supercellulaires de la chaude saison. L’étrange beauté fascinante de la capitale Gaoth. Mes études en climatologie appliquée à la botanique dans la seule université de la planète. Mes parents… Mes amis… J’ai tout perdu. En l’espace d’un battement de cil. Je me mis à pleurer. Debby me serra dans ses bras pour me réconforter. Elle aussi laisse beaucoup de choses sur Aerilon.

Et le saut FTL fut exécuté. Un coup d’oeil à la fenêtre. Nous étions arrivés tout contre le Colonial One. Et de nombreux vaisseaux sont présents tout autour. Une véritable flotte !

Quelques heures plus tard, nous effectuions un nouveau saut FTL, mais cette fois-ci, toute la flotte, en direction d’une zone nommée Ragnar. Un vaisseau de guerre nous y attends. Le commencement d’une nouvelle période dans nos vies, d’une aventure incroyable. Le Battlestar Galactica.

Hier matin | Pucedepoésir | 13.02.2013 - 14 h 19 | 11 COMMENTAIRES
Pucedepoésir : « Et la nuit sans faim… »

C’était une de ces nuits d’orage comme on en connaît peu dans une vie. Le tonnerre grondait si fort et si fréquemment qu’on aurait juré que le double vitrage n’y survivrait pas. On entendait dehors les claquements sinistres que le vent infligeait aux tentures des stores, et les éclairs aveuglants, stroboscopiques, révélaient des reliefs inquiétants, dessinaient des ombres difformes sur chacun des murs de la pièce.
M. la connaissait pourtant bien cette chambre. C’était la sienne. Elle en habitait chaque livre, chaque meuble, chaque vêtement plié ou jeté négligemment par terre. Même la peinture blanche et froide des murs était de son fait. Pourtant, en ces heures tourmentées par les caprices du temps, elle se sentait comme Alice au fond de son trou, explorant les méandres d’un pays imaginaire.
Elle savait sa réalité altérée par une irrépressible somnolence. Elle était consciente, et éprouvait même un certain plaisir, à laisser ainsi déambuler ses pensées, coincée entre la frayeur de ses dérives fantaisistes et la curiosité fiévreuse qui la poussait à continuer, en quête d’une explication qui ne viendrait sans doute jamais.
Son esprit se perdait dans un  labyrinthe monstrueux dont elle parvenait à surmonter chaque épreuve, chaque impasse. Mais jamais elle n’en apercevait l’issue. Dans sa semi-conscience, elle analysait malgré elle le cheminement tortueux de ses pensées, de ses presque « rêves ». Comme si elle ne pouvait pas vraiment lâcher prise. Comme si son besoin de rationalisation devait éternellement empiéter sur ces réalités alternatives que devrait proposer la nuit.
Là, perdue dans ses pensées, lucide sur son handicap onirique, une part d’elle guettait les prémices de l’aurore qui tardait à venir à travers les nuages épais. Leur densité ne se fendait que dans les gerbes étincelantes des éclairs.
M. dut se rendre à l’évidence : ce serait un jour sans aube. Un jour où le noir opaque et pesant du ciel se muerait à peine en anthracite, et si lentement qu’on ne le remarquerait pas. Sans attendre le réveil, elle repoussa les draps sur cette nuit sans sommeil.
Le contact trop ferme et trop frais du carrelage sous ses pieds posa le point final à cette nuit chimérique. Comme tous les matins, son premier élan la poussa vers la cuisine, vers sa machine à café qui lui délivrerait enfin le nectar primordial au jour nouveau. Mais en pénétrant dans le salon, ses yeux furent happés par la grande baie vitrée.
Là, dehors, les éléments déchaînés offraient un ballet rythmé et envoûtant. Dans la solitude vibrante de son appartement, M. contemplait le spectacle du regard calme et confiant de ceux qui savourent les fureurs. Au fur et à mesure des secondes, des minutes, les mots montèrent en elle, minutieux, stricts, exigeant qu’on les fige dans la mémoire de l’instant. Des mots aussi urgents et inutiles que ses délires nocturnes. Des mots qu’elle oublierait dès lors qu’ils seraient écrits, mais qui la hanteraient des années durant si elle ne  prenait pas la peine de les traduire en encre.
Machinalement, elle se saisit d’un des nombreux carnets qui jonchaient les étagères de l’appartement et, de son écriture irrégulière, entama la virginité d’une page ouverte au hasard :

Aube ou crépuscule
Qu’importe au cycle du jour
Et la nuit sans faim
Dévore l’aurore vaine
Matin d’hier, de demain

Non classé | 12.02.2013 - 23 h 22 | 0 COMMENTAIRES
Thème du 12 janvier au 19 janvier

 

Et cette semaine, le thème est…

*roulements de tambour*

« Hier matin… »

Bonne écriture, hâte de vous lire !

 

(Si vous avez une prod avec des fichiers, envoyez un MP à Nibben ou à moi-même pour qu’on vous donne notre adresse mail, sinon un MP avec votre texte suffira amplement. Pour plus d’information, allez )

Lettre de janvier 2033 | Nibben | Non classé | 31.01.2013 - 01 h 27 | 6 COMMENTAIRES
Nibben : « Noah »

[espaceespace]Noah,

[espace]Je devine en commençant cette lettre que tu dois être fébrile, et sûrement en colère, avant même d’avoir lu quoi que ce soit. Ce n’est pas une décision irréfléchie pour moi ; cette lettre, je la prépare depuis tellement longtemps.

[espace]J’ai pensé d’abord à t’envoyer un mail, moins formel, plus anodin, mais je n’ai toujours pas réussi à faire fonctionner ces machines infernales qui ont remplacé ma tablette numérique. Alors j’en suis revenue aux essentiels, et finalement ça m’a paru évident, pour te parler de l’essentiel.

[espace]De nombreuses années de silence nous séparent toi et moi. De très nombreuses années, dont j’assume aujourd’hui l’entière responsabilité. Comment ne pourrais-je pas le faire, après avoir laissé ton père te chasser de la maison ? J’ai pourtant réussi à repousser ce sentiment pendant très longtemps. Qu’il était facile, alors, de considérer que c’était une histoire entre lui et toi, et que je n’avais été que la spectatrice impuissante.

[espace]Depuis cet épisode, j’ai eu amplement le temps de réfléchir. Et Dieu sait que j’en ai passé du temps, à ressasser ce terrible épisode. J’en ai pleuré des larmes. Contre toi. Contre ton père. Et les plus terribles, les plus brûlantes contre moi, pour ne pas avoir su protéger mon enfant. J’ai arrêté de compter les nuits d’insomnie passées à me demander si tu avais un toit, un travail, des amis, une vie heureuse. A me demander quel genre de mère n’avait plus de moyen de contacter son propre fils !

[espace]Ce n’est que récemment que j’ai appris que tous tes cousins n’avaient jamais cessé de te voir. Cette famille et ses secrets … Je les ai maudis de leur silence avant de les bénir de m’offrir enfin une possibilité de te contacter. Malgré tout, cela n’a pas été facile pour moi. Je sais d’où tu as hérité ta fierté, et notre sang italien a toujours eu tendance à parler au mauvais moment. J’imagine que j’ai attendu, espéré que ce soit toi qui fasses le premier pas, après avoir entendu parler du divorce … Tu ne l’as pas fait, et je comprends pourquoi, j’aurais sûrement agi de la même manière.

[espace]J’ai appris que tu t’étais marié. Quentin est venu me l’apprendre, avec un tact dont je ne le soupçonnais pas capable, il y a quelques mois. Je ne te cache pas la douleur que j’ai ressentie en apprenant que j’avais manqué cet évènement ; heureusement, il avait pris avec lui des photos et des vidéos, et j’ai enfin pu te revoir.

[espace]Noah, mon fils, pourras-tu un jour me pardonner ?

[espace]Tu es devenu un si bel homme …

[espace]J’ai ensuite rencontré Vassili. Du moins, Quentin me l’a présenté, sur cette magnifique photo près du chêne.

[espace]Vous formez un couple magnifique.

[espace]Quentin a ensuite insisté pour lancer quelques vidéos. C’est ce que j’y ai vu qui m’a réellement poussée, forcée, à t’écrire. Ceux que j’y ai vus, plutôt.

[espace]M’aurais-tu laissée dans l’ignorance jusqu’à ma mort ?

[espace]J’ai eu le temps de me rendre compte que j’ai été loin de représenter le parfait modèle d’amour parental, et que nous ne t’avons pas aidé à avoir une représentation idéale de la famille mais … ne pas savoir que j’étais grand-mère a été un crève-cœur. Que tu n’aies pas eu envie que je le sache a été un crève-cœur, pour tout dire. Mais encore une fois, je crois que je peux comprendre cela.

[espace]Si je t’ai écrit cette lettre Noah, c’est pour te dire deux choses, dont une que tu connais peut-être.

[espace]La première, et la plus importante, c’est te dire que je t’aime. Je t’ai toujours aimé, et je te l’ai bien mal prouvé. Pendant toutes ces années sans nouvelles, je n’ai jamais abandonné l’espoir que tu pousserais à nouveau la porte de la maison, sans jamais oser te chercher plus loin que le bout de la rue. Je t’aime, et je suis aujourd’hui prête à t’accepter dans toute ta singularité, à accepter ce couple que tu formes, et ces enfants que tu élèves. Et c’est tellement dommage …

[espace]La deuxième chose dont je voulais t’informer, c’est ce qu’il risque de m’arriver dans les prochains mois. Mon médecin a confirmé, il y a quelques semaines, que je présentais un résultat positif à la maladie d’Alzheimer.

[espace]Si tu savais tous les regrets qui m’assaillent depuis …

[espace]Je ne sais pas si tu vas me répondre, ou même si tu as lu jusqu’au bout. Sache, si c’est le cas, que je n’espère qu’une chose, que tu es heureux, pleinement heureux. C’est mon souhait le plus cher et désormais ma seule aspiration.

                         [espace]           Maman

 [espace]

 

Caro | Lettre de janvier 2033 | 30.01.2013 - 23 h 51 | 3 COMMENTAIRES
Caro : « Lettre à mon fils »

Paris, le 30 janvier 2033.

Mon fils, mon enfant,

Je n’ai pas l’habitude de t’écrire aussi souvent que je le voudrais maintenant que tu es parti étudier à Madrid, j’aimerais que tu gardes une trace de nos échanges, pour que tu le racontes toi aussi à tes enfants et petits-enfants, plus tard.

Tu as aujourd’hui dix-neuf ans. Le plus bel âge, celui de l’insouciance et de la folie. Mon fils, mon enfant. Cette lettre, je m’étais promis de te l’envoyer le jour de ton 19ème anniversaire. Voilà qui est fait.

Je veux surtout te parler de ton enfance, heureuse à nos côtés. Ta mère et moi étions (et sommes toujours, bien évidemment) très fière de toi, de t’avoir eu contre vents et marées. Bon d’accord, je sens que tu brûles d’impatience que je te raconte encore et encore ton histoire, notre histoire.

J’ai rencontré ta mère un soir d’hiver, en juin 2011, elle était si belle que j’ai craqué à l’instant même où nos lèvres se sont touchées. Nous avons passé bien des épreuves, surmonté des moments difficiles mais notre amour a survécu. Le temps a passé et nous avons décidé de t’avoir.

9 juin 2013, nous nous sommes mariées. Enfin. La loi sur l’ouverture du mariage aux couples de même sexe enfin votée, après moult débats et nos multiples combats contre l’homophobie, ta mère m’a dit Oui, les larmes aux yeux. Après ta naissance, notre mariage fut le plus bel engagement de notre vie. Le plus festif aussi.

24 avril 2013, ta mère fut enceinte de toi. 30 janvier 2014, à un jour près de la date de naissance de ta grand-mère, tu pointas le bout de ton nez.

Mon garçon, tu n’étais pas encore né que ta mère et moi étions déjà de ferventes militantes de la cause homosexuelle, nous avons marché, lutté, manifesté pour avoir les mêmes droits que les autres citoyens [hétérosexuels], même si aujourd’hui la différence sur l’orientation sexuelle ne se lit plus dans le regard des gens.

Les années 2010 ont été une période charnière dans notre vie. Si l’homosexualité est, aujourd’hui, totalement acceptée et intégrée pleinement dans la société, ce n’était pas tout à fait le cas il y a encore vingt ans. Ta mère et moi nous sommes battues pour pouvoir nous marier, aussi fou que cela puisse te paraitre, et pour que nous formions une famille reconnue et protégée par la loi.

Dans ces années 2010, les femmes homosexuelles allaient se faire inséminer en Belgique ou en Espagne. Nous, nous t’avons eu par PMA. Le plus beau jour de notre vie. Ta mère était si heureuse, moi j’ai failli m’évanouir à la clinique quand j’ai coupé le cordon ombilical.

Mon enfant. Toi qui me surnommes si tendrement  « Mamina » avec tes petits yeux remplis d’amour. Ça me fait toujours le même pincement au cœur.

Mon fils, c’est d’une même main, ta mère et moi, que nous t’écrivons ces dernières lignes : nous te souhaitons le plus beau des anniversaires. Nous sommes aussi fières de toi, que tu es fier de nous.

Nous t’embrassons tendrement.

Tes deux mamans qui t’aiment.

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